Des milliers de personnes ont défilé à Genève pour demander des mesures concrètes contre le changement climatique. Plus de 50 organisations ont participé à la mobilisation. Parmi les manifestants figuraient également des représentants des institutions cantonales et communales.
« Pas d’étés à 50 °C ». C’est le slogan qui a accompagné, samedi 19 septembre, la mobilisation pour le climat qui a traversé les rues de Genève. Selon les estimations des organisateurs, quelque 1 500 personnes ont participé au cortège organisé par une coalition de plus de 50 organisations afin d’attirer l’attention sur la hausse des températures et de demander des mesures plus ambitieuses pour faire face aux conséquences du changement climatique. Des familles, des jeunes et des citoyens de différentes générations ont pris part à la manifestation. Un signe, selon les organisateurs, d’une préoccupation qui touche de plus en plus directement la vie quotidienne : des vagues de chaleur à la sécheresse, en passant par les événements météorologiques extrêmes et leurs effets sur la santé et les conditions de vie.
La manifestation genevoise s’inscrit dans une série de mobilisations organisées dans plusieurs villes suisses. Au cœur de l’initiative : la demande d’accélérer les mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et, parallèlement, de préparer les villes et les infrastructures à faire face à des conditions climatiques de plus en plus difficiles.
Plusieurs représentants des institutions étaient également présents parmi les manifestants. Le cortège a notamment réuni le conseiller d’État Nicolas Walder, le conseiller administratif de la Ville de Genève Alfonso Gomez, la conseillère administrative de la Ville de Carouge Sonja Molinari et la conseillère administrative de la Ville d’Onex Maryam Yunus Ebener, ainsi que de nombreux conseillers municipaux des communes genevoises.
« Ces dernières années, ces phénomènes sont devenus plus fréquents et plus intenses, avec des conséquences de plus en plus importantes sur la vie quotidienne, la santé de la population et le fonctionnement de la société », expliquent les organisateurs.
La coalition à l’origine de la mobilisation estime que, sans mesures adéquates, la Suisse pourrait être confrontée à des températures estivales extrêmement élevées d’ici le milieu du siècle. Elle demande donc des mesures urgentes qui agissent à la fois sur les causes du réchauffement climatique et sur ses conséquences.
Le changement climatique pose en effet deux défis parallèles. Le premier est celui de l’atténuation, c’est-à-dire la réduction des émissions responsables du réchauffement climatique. Parmi les mesures envisageables figurent le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles et la transformation des systèmes de transport.
Le second est celui de l’adaptation, nécessaire pour faire face aux effets d’un climat qui est déjà en train de changer. Pour les villes, cela peut notamment signifier augmenter les espaces verts et les zones ombragées, améliorer les systèmes de drainage en cas de fortes précipitations et rendre les infrastructures plus résistantes aux événements extrêmes.
L’agriculture est elle aussi appelée à s’adapter à de nouvelles conditions, notamment grâce à une gestion plus efficace de l’eau et à des pratiques agricoles adaptées aux évolutions du climat.
Un défi qui concerne tout le monde
Les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies, les fortes précipitations, les inondations et le recul des glaciers ont fait du changement climatique une question de plus en plus présente dans le débat public. Ses effets ne concernent pas uniquement l’environnement : ils peuvent également toucher la santé, l’agriculture, l’économie, les infrastructures et la disponibilité des ressources en eau.
La principale cause du réchauffement climatique observé au cours des dernières décennies est l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, principalement liée aux activités humaines. La production d’énergie à partir du charbon, du pétrole et du gaz, les transports, certaines activités industrielles et agricoles ainsi que la déforestation contribuent aux émissions.
La transition vers une économie à faibles émissions comporte toutefois des défis économiques et sociaux. Elle nécessite des investissements, de nouvelles technologies, des infrastructures adaptées ainsi que des changements dans les systèmes de production et de consommation. Les coûts et les bénéfices de cette transformation peuvent en outre être répartis différemment selon les territoires et les groupes de population.
Pour cette raison, estiment les organisateurs de la mobilisation, la réponse au changement climatique ne peut pas reposer sur une seule mesure. Elle nécessite des actions coordonnées impliquant les institutions, les entreprises, la communauté scientifique et les citoyens.
« L’avenir que nous laisserons aux nouvelles générations »
La manifestation de Genève remet ainsi au centre du débat une question qui concerne le présent, mais surtout l’avenir : quel environnement laisserons-nous aux prochaines générations ?
Les nouvelles générations ont le droit de trouver une planète propre, vivable et capable de garantir des conditions de vie dignes. Le défi consiste aujourd’hui à éviter que le changement climatique ne rende ces conditions de plus en plus difficiles.
La science peut fournir des données, des éléments d’analyse et des solutions possibles. Il appartient ensuite à la société et aux institutions de décider quelles mesures adopter et comment les mettre en œuvre.
« Nous avons le devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas aggraver la situation climatique et, au contraire, contribuer à l’améliorer, dans l’intérêt des générations qui viendront après nous. »
Carmelo Vaccaro











